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TRASIS, l'entreprise liégeoise devenue leader mondial en médecine nucléaire

© Trasis

— Reprise d'une partie de l'article de Jacqueline Remits. Retrouvez l'intégralité de l'article dans la Revue W+B #172 —

 

En décembre dernier, la société Trasis s’est vu décerner le titre d’Entreprise de l’Année 2025. Devenue leader mondial de la médecine nucléaire en un peu plus d’une vingtaine d’années seulement, l’entreprise liégeoise propose des solutions innovantes et automatisées pour le diagnostic et le traitement du cancer et des maladies dégénératives. Fondé en 2004, le groupe occupe aujourd’hui 490 personnes et exporte plus de 99 % de ses ventes dans plus de 65 pays. Une trajectoire entrepreneuriale remarquable.

Trasis se déploie dans un secteur de niche qui lui réussit. Elle vise à accélérer la mise à disposition des agents de diagnostic et thérapeutique innovants pour améliorer la prise en charge des soins des patients atteints de maladies graves. « Nous sommes acteurs dans la médecine nucléaire », commence Gauthier Philippart , cofondateur et CEO de Trasis. « Nous concevons, fabriquons et commercialisons des équipements et des solutions de pointe, des automates de synthèse et de répartition de doses de substances radio-pharmaceutiques destinées à des fins diagnostiques et thérapeutiques de différents types de cancers et des maladies neurodégénératives. Nous sommes sur l’ensemble de la chaîne de développement de ces médicaments, que ce soit pour les produire ou pour les donner aux patients. En 2025, quatre millions et demi d’entre eux ont ainsi déjà bénéficié de nos produits ». Ces instruments sont utilisés par des entreprises pharmaceutiques et par les départements de médecine nucléaire des hôpitaux en vue de la préparation et de l’administration de ces substances radio-marquées. « Nous avons conçu un automate, l’Unidose, capable de préparer des doses individuelles de radio-pharmaceutiques. Celles-ci sont délivrées dans un contenant blindé, qui se transforme ensuite en dispositif d’injection directement utilisable chez le patient, réduisant ainsi l’exposition du personnel infirmier. L’automatisation de cette étape évite une préparation manuelle fastidieuse et fortement exposante aux radiations ». 

 

AMÉLIORER LA RADIOPROTECTION DANS LES HÔPITAUX 

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Au départ, deux entrepreneurs que tout semble opposer, Gauthier Philippart, ingénieur de formation, CEO de Trasis, et Jean-Luc Morelle, physicien, cofondateur et CTO, unis par la même vision et la même détermination depuis plus de vingt ans. Ils fondent la société Trasis en 2004. Leur objectif ? La fabrication d’automates de dispensation de doses afin d’améliorer la radioprotection dans les hôpitaux. S’ils se focalisent sur ce premier produit, c’est parce qu’il leur paraît être celui pouvant apporter le plus de bénéfices en matière de radioprotection par rapport à l’investissement. Leur hypothèse de départ s’avère exacte.
La technologie se développe d’autant plus vite que le personnel infirmier est bien davantage exposé que ce que d’aucuns pensaient alors. 

Ce n’est pas là le seul produit de Trasis. Si les premiers équipements vendus sont des machines qui répartissent les produits radio-pharmaceutiques en doses individuelles prêtes à l’injection, viennent ensuite s’ajouter des synthétiseurs. Certains équipements et services jouent également un rôle majeur dans la recherche et  le développement de nouvelles thérapies. (...)

Aujourd’hui, il existe également la possibilité de fabriquer des médicaments radioactifs à usage thérapeutique. (...)
 

 

SUR LES CINQ CONTINENTS, PARTOUT OÙ LA MÉDECINE NUCLÉAIRE EST PRÉSENTE 

Les premières ventes sont réalisées en 2008. « Le marché de la médecine nucléaire étant un marché de niche, dès le départ, nous avons visé le marché international. On s’est fait connaître en participant à des salons, mais aussi en voyageant, en allant à la rencontre des gens, en écoutant leurs besoins ». 

Et ça marche. Entre 2019 et 2024, Trasis a enregistré une croissance annuelle moyenne de 25 %, atteignant 88 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025, avec plus de 99 % de sa production à l’exportation. « On réalise environ un tiers de notre chiffre d’affaires en Amérique, un tiers en Europe, Moyen-Orient et Afrique et un tiers en Asie Pacifique ». L’entreprise liégeoise compte trois segments de clients. « D’abord, les sociétés qui vont développer de nouveaux médicaments, dont des centres de recherche publics ou privés. Ensuite, des entreprises pharmaceutiques spécialisées dans la radio-pharmaceutique comme Novartis, par exemple. Enfin, le troisième segment est constitué des hôpitaux pour leur service de médecine nucléaire ». Elle travaille soit avec des agents, soit avec des distributeurs. « Pour les choisir, nous devons connaître la culture du pays, les candidats doivent être des professionnels dans notre secteur, être compétents dans notre domaine. Pour vendre les produits destinés aux hôpitaux, il faut maîtriser le langage médical. En Italie, notre distributeur dispose d’un important réseau local, tandis que nous allons en direct en Espagne. En Chine et au Japon, nous travaillons avec un distributeur ».

Présente aujourd’hui dans plus de 65 pays, l’entreprise devenue un groupe emploie un total de 490 personnes, dont plus de 400 à Ans en Belgique, une trentaine à Grenoble en France, environ 15 personnes à Atlanta en Géorgie aux Etats-Unis et une trentaine de personnes à Beijing en Chine. (...)

 

NOUVEAUX MÉDICAMENTS, NOUVEAU BÂTIMENT 
Trasis poursuit sur sa lancée et se développe encore. « (...) Dans sa globalité, la médecine nucléaire croît d’environ 10 % chaque année. Nous grappillons des parts de marché par rapport à des concurrents. Depuis 2010, nous participons au développement de nouvelles substances, de nouveaux médicaments. Nous aidons à les fabriquer de manière fiable et à répondre à de nouveaux besoins. Au fil du temps, chaque année dans les hôpitaux, on constate une augmentation de PET-scans. Il était nécessaire pour nous de les soutenir à faire face à cette augmentation. Travailler en amont sur l’aval permet de développer de nouveaux produits. Cette technologie médicale a fait ses preuves, elle est très performante. Elle pourrait permettre la guérison d’une plus grande quantité de cancers dans le monde ».

Pour ses 20 ans, en 2024, Trasis a inauguré un nouveau bâtiment à côté de l’actuel, à Ans. « On développe des mini-laboratoires qui vont permettre de fabriquer des médicaments radioactifs. L’objectif, c’est de soigner des cancers en réalisant des images par PET-scan. Ce bâtiment de 5.000 m² est occupé par les employés, toujours plus nombreux. Il y a à peu près 700 à 800 m² qui servent à faire des assemblages de machines. Et puis, il y a une autre composante assez importante, ce sont des salles blanches dans lesquelles on assemble des tubulures en plastique. On met également en flacons des substances médicamenteuses ». (...)

 

UNE COENTREPRISE EN CHINE 
Fin novembre 2025, Trasis s’est associée à Beijing PET Technology Co. Ltd, son distributeur exclusif en Chine de ses synthétiseurs depuis 2014, dans la création d’une coentreprise en Chine afin de structurer et d’élargir davantage leur collaboration de plus de dix ans en médecine nucléaire. La nouvelle entité combinera l’expertise de Trasis en technologies radio-pharmaceutiques avec l’expérience de Beijing PET Technology sur le marché  chinois de la santé et son réseau de distribution établi. L’entreprise liégeoise détient une participation majoritaire dans la coentreprise. (...). La coentreprise opérera sous la marque Trasis Beijing. (....)

Trasis poursuit sa success-story en 2026. L’entreprise vient de concrétiser son projet de développer ses infrastructures en région liégeoise en rachetant le site de production de Mithra à Flémalle. (...) Le coût total du rachat et de la remise aux normes est estimé à 40 millions d’euros. Le site, qui peut accueillir jusqu’à 300 personnes, sera occupé progressivement. Trasis espère créer 300 emplois d’ici 2030. Une pépite wallonne qui n’a pas fini de grandir.

 

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