Vous êtes ici

Une entreprise wallonne accompagne les agriculteurs dans la transition vers l’agriculture régénératrice

L’agriculture régénératrice vise à améliorer la qualité des sols et à réduire les émissions de carbone. — Soil Capital

L’agriculture mondiale et la chaîne d’approvisionnement alimentaire représentent près d’un tiers des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Dans le même temps, l’agriculture est particulièrement vulnérable aux changements climatiques, qui menacent les cultures alimentaires partout dans le monde.

Face à ces défis, l’entreprise wallonne Soil Capital développe une approche fondée sur l’agriculture régénératrice, une méthode qui vise à restaurer la qualité des sols tout en réduisant les émissions de carbone liées aux pratiques agricoles.

« Il n’a jamais été aussi évident que notre système alimentaire doit être repensé », explique Chuck de Liedekerke, PDG et cofondateur de Soil Capital. Selon lui, la fertilité naturelle des sols a été progressivement réduite au fil des siècles. « Si l’on peut investir, grâce à des pratiques régénératrices, dans la fertilité de ces sols, on peut rendre l’ensemble du système plus résilient », ajoute-t-il.

Des pratiques agricoles pour restaurer les sols

Les sols jouent un rôle essentiel dans le stockage du carbone absorbé par les plantes. Le carbone présent dans les sols contribue également à améliorer la rétention d’eau, ce qui peut rendre les cultures plus résistantes aux périodes de sécheresse.

Soil Capital accompagne des agriculteurs qui s’engagent à augmenter le niveau de carbone dans leurs sols grâce à différentes pratiques régénératrices, notamment :

  • la réduction du travail du sol et de l’utilisation d’engrais chimiques ;
  • l’augmentation de la diversité des plantes ;
  • la plantation de cultures de couverture entre les périodes de production ;
  • la plantation d’arbres et d’autres végétaux sur les terres agricoles.

L’entreprise mesure la quantité de carbone stockée dans les sols des agriculteurs partenaires et délivre des certificats correspondant aux améliorations observées. Ces certificats sont ensuite vendus à des entreprises partenaires de Soil Capital et représentent chacun une tonne d’équivalent CO₂ réduite ou retirée.

Les revenus générés par ces certificats permettent notamment d’offrir une incitation financière aux agriculteurs. Selon Chuck de Liedekerke, cette aide est essentielle pour encourager l’adoption de nouvelles pratiques dans un contexte où les exploitations agricoles fonctionnent souvent avec de faibles marges.

Des partenariats avec des acteurs de l’agroalimentaire

En avril 2026, Soil Capital a annoncé un partenariat pluriannuel avec Nestlé, qui souhaite que 50 % de ses principaux ingrédients proviennent d’agriculteurs utilisant des pratiques régénératrices d’ici 2030.

D’autres entreprises du secteur alimentaire et des boissons développent également des initiatives liées à l’agriculture régénératrice. En mai, Carlsberg et Diageo figuraient notamment parmi les 40 organisations ayant signé une déclaration d’intention visant à développer ces pratiques dans leurs chaînes d’approvisionnement.

Une ambition de développement international

Aujourd’hui, Soil Capital accompagne 1 800 agriculteurs sur 500 000 hectares répartis dans six pays. L’entreprise souhaite étendre son accompagnement à 10 millions d’hectares au cours de la prochaine décennie.

Pour Chuck de Liedekerke, l’objectif dépasse la seule réduction des émissions de gaz à effet de serre :

« Ce n’est pas seulement parce que nous voulons réduire les niveaux de gaz à effet de serre, c’est parce que nous voulons renforcer la fertilité des sols. S’il n’y a pas de fertilité, il n’y a pas d’agriculture. S’il n’y a pas d’agriculture, il n’y a pas de nourriture. »

Avec son modèle basé sur la mesure du carbone des sols et l’accompagnement des agriculteurs, Soil Capital illustre une approche innovante visant à soutenir la transition vers des pratiques agricoles régénératrices.

Arcticle complet par Jasmin Sykes de CNN