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La Belle et Le Belge : une histoire d’amour… et de gaufres

@ La Belle et Le Belge

TOUT COMMENCE COMME DANS UN CONTE DE FÉES... MAIS AVEC DU SUCRE ET DE LA FARINE

À l’été 2014, Karine, La Belle, ne cherche pas l’amour, mais un partenaire de danse. Entre quelques pas qui s’enchaînent, elle croise Jean-François et le duo de danse devient un duo de vie. En 2016, l’entraînement s’intensifie, la compétition commence... et une robe jaune fait sourire les spectateurs : « On dirait La Belle et la Bête ! ». Le surnom est lancé, La Belle et Le Belge est né.

Quelques années plus tard, deux semaines avant le Marché de Noël, une idée spontanée émerge au détour d’une conversation : « Et si on participait au Marché de Noël ? »

— « On vend quoi ? »
— « Des gaufres. »
— « On n’a pas de gaufrier. »
— « J’en achète un. »

Sans plan d’affaires ni structure formelle, ils se lancent tout de même. Le jour du marché, les odeurs attirent les visiteurs, les dégustations s’enchaînent et une file se forme rapidement. En une seule journée, l’engouement dépasse toutes leurs attentes et sans le savoir encore, une entreprise venait de naître dans une cabane de marché de Noël, entre une gaufre chaude et des clients qui demandent : « Est-ce que vous en avez à emporter ? ». Face à cette demande inattendue, ils décident ensuite de permettre aux gens de prolonger l’expérience à la maison en développant un mélange à gaufres.

Aujourd’hui, l’entreprise compte une quinzaine de points de vente dans la région de Québec et repose sur un duo complémentaire : la créativité belge de Jean-François et la connaissance du marché québécois de Karine, réunies autour d’un même produit devenu signature.

FAIRE AFFAIRE À L'ÉTRANGER QUAND ON VIENT DE BELGIQUE : DÉFIS, DÉCOUVERTES ET OCCASIONS À SAISIR

Lorsqu’on parle d’immigration, on pense souvent à l’adaptation à une nouvelle culture, à un nouvel accent ou à un nouvel environnement. Pourtant, pour les entrepreneurs, le véritable défi commence souvent une fois les valises déposées : apprendre à faire des affaires autrement. Même après plus d’une décennie au Québec, Jean-François reconnaît que certaines différences culturelles demeurent. Le vocabulaire, certaines expressions, les habitudes de consommation et certains réflexes d’affaires demandent un temps d’adaptation. On parle la même langue, mais pas toujours de la même façon. Ces écarts, toutefois, deviennent une richesse lorsqu’ils sont accueillis avec ouverture.

« C’est surtout l’approche humaine qui distingue le Québec », résume-t-il.

Les entrepreneurs rencontrés au fil des marchés, des événements ou des salons se montrent généralement ouverts aux échanges, aux collaborations et au partage d’expérience. Cette culture du réseautage a joué un rôle important dans le développement de La Belle et Le Belge. Au fil des rencontres sont nés plusieurs partenariats, notamment avec la Brasserie Charlevoix, donnant naissance à une gaufre brassée à la bière, ainsi qu’à des créations mettant en valeur le chocolat belge et la liqueur de bleuet. Dans un marché où les consommateurs apprécient autant les produits locaux que les découvertes internationales, ces collaborations permettent de créer des produits uniques qui racontent une histoire.

ADAPTER SON PRODUIT SANS PERDRE SON IDENTITÉ

Si la réputation de la gaufre belge précède ses artisans, peu de consommateurs connaissent réellement la différence entre une gaufre de Bruxelles et une véritable gaufre de Liège. Pour Jean-François et Karine, il ne suffit donc pas de vendre une gaufre : il faut en raconter l’origine.

Pourquoi utilise-t-on du sucre de betterave belge ? En quoi la pâte est-elle différente ? Pourquoi se conserve-t-elle à température ambiante ? 

Cette curiosité du public devient un atout majeur. Les consommateurs se montrent particulièrement réceptifs lorsqu’un produit est accompagné d’une histoire authentique, transformant ainsi le savoir-faire belge en véritable expérience culturelle et commerciale.

Cependant, l'un des plus grands défis n’est pas toujours de faire connaître un produit, mais de le rendre accessible. Au fil des années, La Belle et Le Belge a développé des versions adaptées pour répondre à certaines demandes, notamment des recettes sans gluten. L’objectif n’a jamais été de transformer la gaufre belge, mais d’en préserver l’authenticité tout en répondant aux besoins d’une clientèle plus diversifiée. Pour Jean-François et Karine, la qualité demeure non négociable.

UN CONSEIL AUX ENTREPRENEURS BELGES 

S’il ne fallait retenir qu’un seul conseil de leur expérience, ce serait probablement celui-ci : oser rencontrer les gens. Les consommateurs aiment connaître les artisans derrière les produits, et les entrepreneurs sont souvent généreux de leur temps et de leurs conseils.

Bien sûr, s’implanter dans un nouveau marché demande du travail, de la persévérance et une bonne capacité d’adaptation. Mais pour ceux qui sont prêts à raconter leur histoire, à créer des liens et à évoluer avec leur clientèle, les possibilités sont bien réelles.

L’histoire de La Belle et Le Belge le démontre bien : parfois, une simple envie de retrouver les saveurs de son pays d’origine peut devenir une entreprise qui fait découvrir tout un patrimoine gastronomique à une nouvelle communauté. Leur histoire ressemble moins à un plan de vie qu’à une chorégraphie parfaitement synchronisée, où l’on avance ensemble sans toujours savoir ce qui vient ensuite…

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