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IsoHemp, l’entreprise wallonne qui mise sur le chanvre pour une construction plus durable

Face à l’augmentation des températures et aux défis liés à la consommation énergétique des bâtiments, de nouvelles solutions d’isolation émergent en Europe. Parmi elles, le chanvre apparaît comme un matériau naturel capable d’améliorer le confort thermique des bâtiments tout en réduisant leur empreinte carbone.

Basée en Wallonie, l’entreprise IsoHemp développe des blocs de construction à base de chanvre et de chaux, conçus pour améliorer l’isolation des bâtiments et contribuer à une construction plus durable.

« Les étés deviennent de plus en plus chauds. Nous avons une bonne solution pour isoler les bâtiments contre la chaleur », explique Olivier Beghin, cofondateur d’IsoHemp.

Le chanvre comme régulateur thermique naturel

Lorsqu’il est utilisé comme matériau d’isolation, le chanvre agit comme un régulateur thermique. Les blocs développés par IsoHemp, composés de chanvre et de liants à base de chaux, peuvent être utilisés pour les murs intérieurs et extérieurs.

Ces matériaux permettent notamment de réguler l’humidité, tout en étant résistants aux nuisibles et au feu. Fabriqués à partir de matières naturelles, ils sont également généralement recyclables et biodégradables, contrairement à certains isolants issus de ressources pétrolières.

Le béton de chanvre présente également un intérêt environnemental grâce à sa capacité potentielle à stocker du carbone. Selon certaines estimations citées dans l’article, le chanvre à croissance rapide pourrait absorber deux fois plus de CO₂ que les arbres.

Une solution pour la rénovation des bâtiments anciens

Les bâtiments anciens représentent un marché important pour IsoHemp. Environ 30 % des bâtiments européens ont été construits avant 1945 et sont généralement peu isolés.

Selon Olivier Beghin, l’ajout d’une isolation intérieure sur les murs extérieurs de ces bâtiments pourrait permettre des économies d’énergie de 15 à 20 %. Toutefois, certains isolants traditionnels peuvent entraîner des problèmes d’humidité, d’où l’intérêt de matériaux capables de laisser respirer les murs.

Les blocs IsoHemp ont déjà été utilisés dans différents projets, notamment pour des logements sociaux en Belgique, un immeuble de six étages comprenant 100 appartements en France ainsi qu’un monument datant du XVIIᵉ siècle à Versailles.

L’entreprise prévoit que ses blocs seront utilisés dans plus de 2 000 projets en 2026.

Une innovation wallonne en pleine croissance

Fondée en 2011, IsoHemp s’est développée dans un contexte où il existait encore peu d’entreprises industrielles spécialisées dans les matériaux de construction à base de chanvre.

En 2026, l’entreprise prévoit de produire entre 1,5 et 1,6 million de blocs de chanvre. Selon Olivier Beghin, IsoHemp est aujourd’hui le leader européen de ce marché, avec des ventes principalement destinées à la France, la Belgique, les Pays-Bas, l’Allemagne et le Luxembourg.

Alors que l’Union européenne vise la neutralité carbone d’ici 2050 et impose progressivement de nouvelles exigences environnementales pour les bâtiments, les matériaux biosourcés comme le chanvre occupent une place croissante dans les réflexions autour de la construction durable.

Avec ses blocs de chanvre et de chaux, IsoHemp illustre une innovation wallonne dans le domaine des matériaux de construction durables, en proposant une solution visant à améliorer la performance énergétique des bâtiments et à réduire leur empreinte carbone.

Article complet par Amy Gunia chez CNN